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La Survivance dans "Télérama.fr"

Les promesses tenues de Claudie Hunzinger

lundi 3 septembre 2012, par webmestre

Par Marine Landrot

Le précédent billet disait le plaisir de la découverte, le ravissement devant la révélation d’un auteur inconnu. Mais il y a également le plaisir, tout aussi vif, de la confirmation. La joie de fêter le retour d’un auteur dont le coup d’envoi vous avait bluffé, et qui réussit à tenir ses promesses avec un autre livre. C’est le cas de Claudie Hunzinger. Il y a deux ans, elle éblouissait avec Elles vivaient d’espoir, un hommage à la passion interdite que vécut sa mère avec une femme, dans les années 30. La pudeur et la ferveur de l’écriture de Claudie Hunzinger allaient de pair avec la langue exaltée des cartes postales qu’échangèrent les deux amoureuses. Leur destin tragique intensifie la beauté littéraire de leur correspondance : l’une épousa un Alsacien membre du parti nazi, et l’autre mourut torturée par la Gestapo. Vibrant de vie, Elles vivaient d’espoir tente de sortir cet amour du temps, de le propulser dans une simple éternité. Le nouveau livre de Claudie Hunzinger porte un titre magnifique : La Survivance (éditions Grasset). Il raconte la réclusion volontaire d’un couple qui s’isole dans une maison abandonnée, en pleine montagne, parce que « nous sommes nés pour ne rien posséder. » Sauf des livres, peut-être, qui nourrissent ces exilés attachants, et font le prix de ce roman, où résonne encore une fois l’amour de la littérature. « Les choses, il faudrait les voir en passant, d’un point de vue de nomade, telles qu’elles sont, elles, simples, indifférentes, énigmatiques, posées là dans leur dialogue avec l’éternité » dit la narratrice de cette aventure très physique. Claudie Hunzinger a aussi un sens inouï des corps, nobles, fatigués, résistants, ces carcasses porteuses de rêves infinis.

Il faut donc lire les deux livres de survie de cette femme discrète et tenace. Et visionner par ailleurs les images du documentaire que son fils Robin a consacré à sa grand-mère, protagoniste de Elles vivaient d’espoir. On dirait le François Truffaut des Deux Anglaises et le continent.

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